Car c'était la Manifestation 14
Décembre 2008
Hadrien victime d'un accrochage avec la policeIl n'a rien vu. Rien compris. Juste que « c'était le bordel ». Quand Hadrien, 15 ans, s'est remis à respirer normalement, les pompiers s'apprêtaient à le transférer vers l'hôpital. Là-bas, les médecins l'ont d'ailleurs rassuré : il aurait des douleurs à la gorge durant quelques jours, mais pas de séquelles. N'empêche qu'il a eu la frousse, hier matin à Saint-Pierre. « C'est vrai on n'avait pas à essayer de faire un sit-in dans les jardins de la sous-pref, mais c'est juste une sous-pref, c'est normal que des manifestants veulent l'investir ». Visiblement, pas pour les policiers chargés de filtrer les entrées. Encore moins pour son locataire, très tâtillon sur le sujet : personne, absolument personne, ne doit franchir les grilles. Et sur ce point, les policiers ont été briefés. Sinon comment expliquer leur réaction épidermique ? « Peut-être un excès de zèle », tempère Hadrien, qui ne veut pas porter plainte. Quand Hadrien et ses dalons décident de forcer le passage, les policiers font barrage. Des coups sont échangés. En première ligne, c'est sur Hadrien que fondent les policiers. Le groupe de lycéens finit par reculer, mais Hadrien est toujours maintenu par un agent. « Un flic le maintenait par-derrière, en lui serrant le cou avec son bras et en lui tirant les cheveux », mime Damien. La scène est alors filmée en direct par une haie de portables dressés au-dessus de la cohue. C'est Damien qui réussit finalement à calmer le jeu en tirant Adrien vers les autres manifestants. « Il n'arrivait plus à respirer, ses jambes ne le soutenaient même plus”. Sous la pression du bras du policier, « sa trachée-artère avait été déplacée» indique un autre témoin. « Elle était comme décalée », ajoute Damien. C'est lui qui, instinct ou réminiscence salutaire de ses cours de secouriste, remet la trachée à sa place. « Ça a fait clac ». La tension descend d'un cran, Hadrien respire à nouveau. « Les pompiers l'ont emmené tout de suite après », raconte une des camarades. Et les policiers ? Toujours d'après elle, « ils se contentaient de nous observer, poursuit-elle, la bombe lacrymogène en main. Ils avaient peur qu'on revienne à la charge ». Du côté de la police, hier, un responsable a tenu à souligner le caractère regrettable de l'incident.
ca vient >>> Le Journal de L'île de la Reunion
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>>>>>>> Mon point de vue :J'étais pas à fond dans la manif. Yavait des moments où j'étais complètement ailleurs. C'était une mauvaise journée. En plus, quand on est arrivé devant la sous préfecture, je me suis éloigné. Quand je suis remonté j'ai pas cherché à trop m'approcher. J'ai donc pas vu l'action ! J'ai entendu les gens criaient. Ils semblaient pas content. J'ai compris que quelque chose c'était passé. J'ai cherché à m'approcher pour en savoir plus, mais il y avait trop de monde. J'ai donc reculer. J'ai entendu dire que quelqu'un avait été blesser. Je me met à "le" chercher du regard. Impossible à le trouver. Je panique. Pas lui ! Pas lui ! Pas quelqu'un que je connais ! Finalement je vois quelqu'un à terre, entouré de trois quatre personnes. Je n'arrive pas à reconnaître la personne. Il semble avoir perdu connaissance. Je m'approche. HADRIEN ! Damien est à ses côtés. Je l'ignore encore, mais il vient de lui remettre sa trachée à sa place. Alors que moi j'approche pour voir Hadrien, lui part. Je reste à regarder Hadrien. Il a les yeux ouvert, mais semble complètement paumé. Il regarde un peu dans le vide. Je me trouve inutile. La police à côté se contente de regarder le corps, sans plus.
L'ambulance arrive. On transporte Hadrien. Damien monte avec lui. Mais avant de rentrer dans le véhicule, Hadrien lève le poing ! Tout le monde l'applaudit et crie : "HADRIEN !"
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>>>>>>> Point de vue d'Hadrien :Une dizaine de jeunes enlèvent leur tee-shirt et le mettent sur leur nez au cas où les flics utiliseraient les lacrymos.
A un moment, un flic entrouvre le portail pour faire sortir quelqu'un, je me dis: c'est le moment!!
On fonce donc tous dans le tas pour forcer le passage.
Malheureusement, je suis le 1er, donc c'est moi que les flics attrapent. Très violemment d'ailleurs: Ils me font un clef de gorge tout en me tirant les cheveux et me tiennent par les bras et tout...
Dans le feu de l'action, un flic fait tomber son portable: Réflexe: je le lance dans la foule. J'apprendrais plus tard qu'il lui a été rendu...
Donc, ils m'attrapent très violemment, si violemment qu'au bout d'un moment je ne peux plus respirer. Mes jambes flanchent, mais le flic continue de serrer ma gorge.
Pendant 30 s, ma respiration est complètement coupée.
Plusieurs élèves, dont une fille, tentent de venir me libérer et se prennent des coups de la part des forces de l'ordre. (Quelle bande de pourris, taper des gens qui ont rien fait d'autre que vouloir libérer l'un des leurs...)
Malgrès cela, Damien (TAA) parvient à me libérer (un immense merci à lui). Apparemment, certains flics ont tenté de retenir leur collègue. De plus, je pense que ça ne les dérangeait pas de se débarrasser d'un jeune "agonisant"
Il parait que des insultes ont fusées après que j'ai été libéré (suppôts de sarkozy, fachos, etc...)
Donc, ils me portent jusqu'au bord de la route, à l'ombre. Ils appellent le SAMU et s'occupent de moi (Merci les gars). Aparement j'avais la trachée déplacée et Damien me l'a remis en place.
Les pompiers arrivent, me mettent un masque à oxygène, m'installent sur une civière (levé le poing quand ils me mettent dans le camion ) et m'emmènent à l'hôpital. Dédé reste avec moi (Encore merci).
Donc, arrivé à l'hôpital, un médecin m'ausculte et je sors de l'hôpital avec mon père, Damien et Tom, un autre ami arrivé entre temps. Nous partons en ville voir les camarades restés là bas et récupérer mon sac. Et donc voilà.
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-- Tu veux des photos de la manif du 12, comme du 11 décembre 2008 ? Vas voir le blog de Anna et Eva . Elles ont des photos de la manif sur son blog (J'y suis en plus <.<).